Crédit photo : Vincent Trottain - EnduranceRaces-Photography.com
Devant un record absolu de 332.000 spectateurs, la 93ème édition des 24 Heures du Mans (14–15 juin) a consacré la Ferrari 499P #83 d’AF Corse (Kubica / Hanson / Ye). Troisième succès consécutif de Ferrari au général, première victoire privée depuis 2005 et un podium complété par la Porsche 963 #6 (Porsche Penske) et la Ferrari #51. Une course de fond marquée par 387 tours (5.274,54 km parcourus), 67 changements de leader, un record du tour Hypercar pour Bourdais (3’26’’063) et une pointe à 349 km/h pour Giovinazzi.
Dès le départ, Ferrari impose un rythme de croisière, pendant que la Porsche #6 enclenche une remontée éclair après sa disqualification des qualifications. La nuit, l’avantage stratégique reste rouge : gestion pneus/consommation et exécution des slow zones font la différence. Au petit matin, la question n’est plus “qui battra Ferrari?”, mais “quelle Ferrari gagnera?” : la #83 verrouille l’affaire grâce à un quintuple relais de Kubica en fin d’épreuve, pour contenir le retour de la #6 à 14’’. La #50, longtemps en embuscade, sera disqualifiée après course (non-conformité déflection aileron AR), ce qui promeut la Cadillac #12 JOTA au 4ème rang et la Toyota #7 au 5ème. Côté mécanique et faits de course : Toyota perd une roue sur la #8, Cadillac alterne vitesse de pointe et pépins, Alpine et BMW signent le double finish.
Partir 13ème et gagner au général au Mans, c’est rarissime.
La clé? Une copie quasi parfaite : peu d’erreurs, un rythme de fond sans pics inutiles et un final d’acier de Kubica (cinq relais d’affilée soit 43% des tours de la voiture) pour neutraliser la
pression d’Estre sur sa 963. Cette victoire est aussi un manifeste du privé : quand l’exécution est chirurgicale et la fenêtre de perf bien exploitée, il est possible de surpasser les
usines, même sur 24 heures.
Reléguée au fond de grille après la disqualification des qualifs, la 963 a bâti sa course sur la discipline : 0 pénalité, 42’06’’ seulement aux stands, aucun pari “casino” et des relais d’Estre agressifs mais extrêmement propres. Moins rapide que la Ferrari sur un tour, mais meilleure en moyenne et en propreté de trafic. À 14’’ près, il était ainsi possible de parler du casse de l’année!
Trois éditions, trois crews différents, un triplé moral…
Si l'on rajoute à cela la #50 disqualifiée (déflection d’aileron arrière non conforme, boulons manquants) nous obtenons ainsi une domination technique et politique. Le signal envoyé : la 499P
reste la référence d’exploitation sur 24 heures ; pneus, consommation et gestion des neutralisations inclus.
La #8 perd une roue et 7 tours s’envolent. La #7 sauve l’honneur (promue 5ème post-DSQ) mais l’ère du “toujours dans les deux premiers” est derrière. L’équipe garde sa rigueur, mais le window de performances de 2025 n’était pas assez large pour répondre aux Ferrari.
Première ligne 100 %, record du tour (Bourdais 3’26’’063), mais double abandon côté US (direction, transmission, moteur). Les JOTA sauvent l'honneur (P4 & P8 après DSQ de la #50). On retient un package intrinsèquement rapide quand la piste chauffe, mais trop “fragile” pour convertir.
Double arrivée pour les deux marques : step de fiabilité validé.
Alpine avoue des zones grises (refroidissement batterie #36, pénalités), mais la base progresse.
BMW WRT termine, propre, sans pouvoir jouer au-dessus du milieu de tableau : exploitation solide, pointe insuffisante.
Peugeot a brièvement mené, mais sans le rythme moyen pour défendre. La fiabilité est correcte, le potentiel encore bridé par la BoP et la fenêtre
d’utilisation.
Aston signe un double finish pour la première 24 h des Valkyrie : objectif pédagogique rempli, pas encore de quoi viser le Top 10.
L’annonce du retrait Porsche Penske du WEC après Bahreïn 2025 redessine l’échiquier 2026 (priorités IMSA + Formule E). Malgré ça, l’écosystème Porsche client reste robuste (Manthey en GT, Proton, etc.). Et côté spectacle : 67 changements de leader, pointe à 349 km/h (Giovinazzi), Le Mans 2025 a eu du nerf même sans mano a mano final.
Une drive-through en fin de course pour excès de vitesse dans la pitlane semblait tuer l’affaire. Mais Masson (#48 VDS Panis) ralentit dans les 20 dernières minutes et Yelloly saisit sa chance au Ford Chicane. C’est une victoire arrachée mentalement, plus que mécaniquement : savoir rester à portée pour capitaliser sur le moindre grain de sable.
Dillmann signe un retour en haut de l’affiche, Śmiechowski enchaîne les podiums au Mans et Inter Europol confirme que sa méthode “gestion + propreté + coups de volant au bon moment” fonctionne très bien en Sarthe.
AO by TF Sport (Deletraz / Cameron / Hyett) coiffe la catégorie et monte sur le podium LMP2 : package homogène, arrêts propres, stratégie sans sur-risque.
La signature “Pro/Am” : créer du rythme sans casser le tempo du Bronze.
La clé P2 pour 2025 aura été la maîtrise des relais longs et des “out-laps” propres derrière Safety Car, plus que la vitesse pure. Ceux qui ont su garder les pneus en fenêtre au cœur de la nuit ont survécu au lever du jour.
Invaincus au Mans en LMGT3, 6ème succès de Richard Lietz au Mans et la sensation d’un mode d’emploi Manthey : régler pour la stabilité d’entrée, préserver l’arrière sur cycles longs, zéro panique en trafic Hypercar. Pera / Hardwick ont livré des relais sans bavure, Lietz a verrouillé.
La Vista AF Corse #21 a gardé les pneus vivants aux moments clés et la Corvette TF Sport #81 a optimisé chaque neutralisation pour jouer le podium malgré un déficit de rythme pur. Arrêts millimétrés, aucune égratignure : c’est souvent la vraie victoire en GT.
La BMW #46 (Rossi) en tête longue durée avant un souci électrique.
Ford Mustang #88 perd une roue (écrou), course ruinée.
Iron Lynx Mercedes plafonne en rythme et révèle un gap d’exploitation à combler.
12 abandons + 1 non-classée : le constat est bien meilleur comparé à 2024.
Signal positif pour la maturité LMGT3, même si la gestion du trafic Hypercar reste la variable psychologique n°1.
Petit retour sur les dates importantes de cette édition.
Juin-26
* 14/06 - DIVERS : Arrivée de la 94ème édition des 24 Heures du Mans
* 13/06 - DIVERS : Départ de la
94ème édition des 24 Heures du Mans
Mai-26
* 28/05 - DIVERS : Ouverture du nouveau Musée du Sport Auto M24
* 21/05 - LMP2 : Présentation de la livrée Art Car de l'Inter Europol Competition #43
* 18/05 - LMP2 : Présentation de Rockie, le Pégase d'AO Racing
* 13/05 - DIVERS : Mark Cavendish, Starter
* 04/05 - HYPECAR : Présentation de la nouvelle Hypercar de McLaren, la MCL-HY
Avril-26
* 29/04 - DIVERS : Présentation du programme de la semaine du Mans
* 24/04 - DIVERS : Présentation de la nouvelle identité visuelle des "24 Heures du Mans"
Mars-26
* 25/03 - DIVERS : Sarah Bovy, Grand Marschal / David Clark, Spirit of LM 2026 / Frédéric Sausset, invité d'Honneur
* 06/03 - DIVERS
: Présentation des concerts du vendredi 12 (Robin Schulz) et
du samedi 13 (Magic System puis Mosimann)
* 02/03 - HYPERCAR : Présentation de la nouvelle livrée de la Ferrari 499P d'AF Corse
Février-26
* 26/02 - HYPERCAR : Présentation de la nouvelle livrée des Peugeot 9X8
* 25/02 - HYPERCAR : Présentation de la nouvelle livrée des Ferrari 499P du Ferrari AF Corse
* 19/02 - DIVERS : Présentation la liste prévisionnelle des
engagés (version #1)
* 12/02 - DIVERS : Présentation des concerts du mercredi 10 (Jean-Louis Aubert) et du jeudi 11 (The Libertines)
* 12/02 - HYPERCAR
: Alpine Endurance annonce son départ du WEC à la fin de la saison 2026
Janvier-26
* 07/01 - HYPERCAR : Toyota Gazoo Racing présente la nouvelle Toyota TR010 Hybrid
Décembre-25
* 24/12 - DIVERS : Le nom Dunlop présent sur la passerelle a (déjà) été recouvert
* 18/12 - DIVERS : La passerelle Dunlop portera désormais les couleurs de Goodyear
Novembre-25
* 27/11 - LM GT3 : Iron Dames annonce son retrait du WEC
* 07/11 - DIVERS : Ouverture de la billetterie au reste
du Monde
* 04/11 - DIVERS : Ouverture de la billetterie aux membres ACO
* 03/11 - DIVERS : Affiche officielle dévoilée (il y aura même 3 versions : jour / coucher de soleil / nuit)
Octobre-25
* 07/10 - HYPERCAR : Porsche Penske Motorsport annonce son départ du WEC à la fin de la saison 2025
Affiche Le Mans 2026 - Crédits : ACO et 24h du Mans
Cette (première) affiche officielle des 24 Heures du Mans 2026 s’impose comme un hommage à l’intensité et à la dimension légendaire de
l’épreuve.
Au premier plan, une Hypercar surgit dans la lumière, phares allumés, prête à affronter les 24 heures les plus intenses du sport automobile. En arrière-plan, le buste d’un pilote vu de dos, figé
dans la poussière dorée du crépuscule, incarne la maîtrise, la concentration et l’humilité face à l’épreuve.
L’ensemble, baigné d’une teinte chaude et cinématographique, symbolise la fusion entre l’homme et la machine ; entre la puissance, l'endurance et l'émotion.
Ce face-à-face (ou plutôt ce dos-à-dos) entre l’humain et la machine, dans une atmosphère de poussière et de feu, résume parfaitement l’esprit du Mans : la quête de performance, la résistance au
temps et l’émotion brute d’une épreuve hors du commun.
L’affiche évoque ainsi la grandeur du moment, presque mythique, à la manière d’une affiche de film épique.
Trois versions (jour, coucher de soleil et nuit) traduisent la course dans son cycle complet, de la lumière à l’obscurité.
Cette création illustre à la fois la solitude du pilote et la dimension intemporelle de la légende mancelle.
Crédit photo : Vincent Trottain - EnduranceRaces-Photography.com